L'oeil de mouche

24 août 2018

Un baptême en montgolfière

Par un beau dimanche, apparemment semblable aux autres. Apparemment, seulement. Dehors, les rues sont encore vides. Ce qui est normal : il est à peine 5h30 du matin. Mon épouse et moi nous rendons au lieu de rendez-vous où nous attend le reste du groupe. Dans le silence, nous observons notre aérostier préparer notre vol. Il propulse de l'air froid dans un immense tissu à l'aide d'un ventilateur, puis termine son travail avec un brûleur. Le ballon prend doucement forme et se dresse sous le ciel nocturne. J'ai hâte. Il faut dire qu'il en aura fallu du temps pour faire ce vol. C'est qu'un vol en montgolfière nécessite une météo particulière. Pas de pluie, un vent inférieur à 20 km/h, pas d'orage prévu... Résultat ? Notre vol a été reporté trois fois. Autant dire que je commençais à ne plus y croire ! Mais bon, l'essentiel est que nous ayions pu le faire. Ca y est, le ballon est enfin prêt à partir et nous grimpons dans la nacelle. Quatre autres personnes participent à l'aventure ce jour-là. Notre aérostier fait les derniers préparatifs puis, l'instant d'après, nous décollons. C'est assez surprenant : le décollage se fait sans le moindre à-coup. Si je n'avais pas eu les yeux grands ouverts, je ne m'en serais pas rendu compte. Toutes les personnes présentes à bord sont immédiatement sous le charme du paysage. Devant tant de beauté, en fait, nous restons cois. Hormis le brûleur qui crachote de temps à autre, on pourrait entendre une mouche voler. D'autant que le bruit du vent a également disparu (on pourrait difficilement l'entendre puisqu'on avance avec lui). On se laisse guider par le vent, ne pouvant que changer d'altitude. L'aérostier nous fait monter à 1500 mètres pour admirer le lever du soleil. C'est un pur moment de magie, tellement beau qu'il en paraît à peine croyable. Malheureusement, notre heure de vol passe sans que nous nous en rendions compte, et le moment est déjà venu d'atterrir. L'aérostier nous rappelle que nous devons avoir les genoux pliés pour amortir une partie du choc, mais nous atterrissons sans bobo. C'est la fin d'une grande aventure, mais il est probable que ma femme et moi réitérions un jour ! Pour plus d'informations sur ce vol, suivez le lien. ;) Je vous laisse le lien vers le site spécialiste de cette activité de baptême en en montgolfière à Valençay.

montgolfiere (3)

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21 août 2018

Le paradoxe d’une économie à la fois concurrentielle et collaborative

Comme l’avait montré Schumpeter, dès le début du 20e siècle, l’innovation est porteuse d’une dynamique de concurrence : elle favorise les nouveaux entrants, remet en cause les positions établies, fait disparaître les entreprises les moins performantes et oblige tous les acteurs à s’adapter à la nouvelle donne technologique. De nombreux autres secteurs, tant dans l’industrie que dans les services, ont été bouleversés par des innovations, en particulier Internet, qui ont généré l’apparition de nouveaux concurrents. Autre vecteur de concurrence : Internet lui-même. En effet, le réseau transforme la relation entre les vendeurs et les consommateurs en donnant à ceux-ci un pouvoir qu’ils n’avaient pas au temps de l’économie industrielle. Aujourd’hui, grâce à Internet, aux différents sites de comparaison de prix et autres plates-formes de marchés, les particuliers comme les professionnels ont accès, pour un même produit ou un même service, à une gamme d’offres beaucoup plus large et dont ils peuvent très rapidement comparer les prix et les différentes caractéristiques. Le paradoxe est que, dans le même temps où le passage à une économie fondée sur l’immatériel et sur l’innovation tend à stimuler la concurrence entre les acteurs économiques, ces mêmes forces poussent également les entreprises à chercher des collaborations et des alliances et à développer des projets communs20. Ainsi, près de trois entreprises industrielles sur quatre ont au moins une relation de coopération avec une autre firme et ces collaborations concernent des secteurs industriels (pharmacie, composants électriques et électroniques) mais aussi les services (par exemple les alliances dans le transport aérien). Ces modes de collaboration sont très variés et peuvent aller de la sous-traitance traditionnelle à la mise en commun de moyens pour la R&D en passant par des contrats exclusifs de distribution…

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28 mai 2018

La nouvelle entreprise ne connaît pas la crise

Tel pourrait être le credo des entreprises ayant opté pour un management innovant. Ce qui reste malheureusement très rare. S'il y a bien une chose que j'ai pu vérifier à de multiples reprises au cours de ma carrière, c'est que les outils de management n'ont pour ainsi dire pas changé en près d'un siècle. Rares sont ceux qui ont osé sortir des sentiers battus et rebattus. Avant-hier, pourtant, je suis allé à un symposium à Paris où un animateur nous a présenté quelques exemples de management inhabituel. Ces cas étaient non seulement originaux, mais aussi efficaces, et auraient contribué au succès (ou à la relance) de ces entreprises. Trois exemples m'ont particulièrement bluffé, et je voulais partager cette petite épiphanie avec vous. Nous commençons par les Etats-Unis, où le PDG de DELL (Michael Dell) a enregistré il y a quelques années une augmentation des critiques de ses produits sur internet. Plutôt que de rester passif, ill a donc créé en 2007 une plateforme internet, IdeaStorm, via laquelle il a invité les internautes à poster les critiques qu'ils voulaient faire sur ses produits. Cette approche, certes intrépide mais brillamment maîtrisée, a permis à l'entreprise de découvrir les causes de mécontentement et de fournir des solutions adéquates. La seconde étape a ensuite consisté à associer les clients dans le processus d'open innovation. Certaines idées ont été appliquées parmi les 9000 recommandées. Cette résolution a donc non seulement permis d'améliorer les produits, mais aussi de renouer du lien avec les clients. Cet exemple montre bien que p our trouver de nouvelles idées, il faut élargir le périmètre de propositions hors du cadre de l'entreprise. Des firmes telles que Auchan ont à leur tour décidé de faire confiance à la créativité de la communauté. En France, chez Mars Chocolat, Thierry Gaillard, PDG, a établi toutes les six semaines un entretien de 30 minutes, qui s'intitule "Ca se discute", où il répond à toutes les questions des collaborateurs. Les employés ayant bien moins confiance en leurs patrons qu'en leurs responsables directs, cette hardiesse semble d'autant plus louable et profitable pour la communication et le ressenti des employés envers la direction. En France enfin, chez Poult, pour faire face à une situation financière préoccupante en 2007, les employés ont d'eux-mêmes pris la décision de se dégager de certaines missions support (gestion du temps, logistique, etc), de se les redistribuer (en plus de leurs missions courantes) de façon à se recentrer sur la fabrication de nouvelles valeurs. Le reporting a été épuré et chacun peut ainsi approfondir de nouvelles pistes et en faire part sans la moindre contrainte hiérarchique. Des défis importants attendent le management, et ce symposium m'a montré à quel point les initiatives et les innovations dans le domaine peuvent être variées et profitables pour l'entreprise. Retrouvez toutes les infos sur ce séminaire entreprise à Paris en suivant le lien.

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23 mai 2018

Politique familiale et politique d’emploi : l’investissement social pour assurer la nécessaire transversalité

La segmentation des politiques contribue à entretenir des paradoxes dans le «libre choix» des moyens d’articuler vie familiale et vie professionnelle (continuer de travailler ou garder son enfant) et contribue au maintien des inégalités entre les femmes et les hommes. Dans une perspective d’investissement social, les réflexions portent sur la mise en place d’un congé parental plus court et mieux rémunéré (articulé sur le salaire plutôt que sous la forme d’une allocation) et sur une politique active de lutte contre les inégalités d’accès aux services d’accueil de la petite enfance, notamment pour les familles monoparentales. Les questions d’articulation concernant l’ensemble des salariés, femmes et hommes, les agencements de temps de travail et la flexibilité devraient être pensés pour les deux sexes. Les crèches à vocation d’insertion professionnelle constituent un exemple de combinaison de ces deux politiques : le dispositif des crèches à vocation d’insertion professionnelle (VIP) est une initiative lancée il y a treize ans par l’Institut d’éducation et des pratiques citoyennes (IEPC). Elles ont une double mission : accueillir en crèche les jeunes enfants (0 à 3 ans) de parents sans emploi et accompagner vers l’emploi ou la formation professionnelle les parents bénéficiaires. Un accord a été signé en 2016 entre le ministère des Affaires sociales et de la Santé, le ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, le ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, la Caisse nationale des Allocations familiales et Pôle emploi afin de développer ces crèches. Ce dispositif s’adresse aux parents en démarche d’insertion professionnelle pour lesquels les principaux freins à l’emploi ont été levés (addiction, très faible maîtrise de la langue française, absence de domicile fixe, absence de titre de séjour). Il s’agit d’une contractualisation de l’accompagnement vers l’emploi par la signature d’un contrat d’engagement de trois mois, renouvelable une fois. Une centaine de crèches ont pu bénéficier de ce label en 2017.

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26 mars 2018

La bombe des late shows

Georges Bush Jr avait déjà mis la barre très haut, en matière de présidence comique. Mais un nouveau talent a fait son apparition en novembre dernier, et il explose décidément tous les records. Il y a deux semaines, j'ai en effet participé à un voyage de groupe à Tallinn en Estonie durant lequel j'ai rencontré un habitant de Los Angeles. Et il m'a causé des talk shows américains, qui sont devenus encore plus incontournables depusi l'avènement de Donald Trump. Ce dernier a tout simplement triplé leur notoriété ! Les émissions comme celles de Jimmy Fallon ou Stephen Colbert prennent en effet systématiquement pour cible l'homme d'affaires, et les gens en raffolent. Donald Trump n'est donc pas seulement un désastre plus pernicieux qu'une pluie de sauterelles, mais c'est aussi une source d'inspiration sans fin pour les humoristes ! Les raisons de ce phénomène sont multiples, je pense. Pour commencer, même s'il a effectivement décroché le poste de président, cela s'est joué à très peu de choses : plus d'électeurs ont voté pour Hillary Clinton, au demeurant, mais les swing states remportés par Trump ont changé la donne. Deuxième chose, l'outsider milliardaire est un homme qui s'est montré sacrément doué pour se mettre les gens à dos : ses discours et ses moqueries font qu'il énerve beaucoup, et qu'un public non négligeable aime le voir tourné en dérisions. Et puis, enfin, il faut bien le dire : il y a le fait que Trump semble sortir tout droit d'un cartoon ! Qui aurait pu imaginer un président au teint carotte, à la chevelure improbable, qui se vante en permanence et est capable d'occulter totalement la réalité qui ne l'arrange pas ? Cet homme semble avoir été inventé pour devenir la bombe comique des late shows : il a le look du clown Chocolat et parle en même temps comme un dictateur mégalomane ! Parce que oui, quand on fustige à ce point les médias et qu'on leur dénie le droit de poser des questions, l'on se rapproche tout de même dangereusement du modèle dictatorial. Et ça, il vaut mieux en rire, à défaut de pouvoir y faire quoi que ce soit... Soit dit en passant, ce voyage de groupe s's'est avéré très agréable. Si vous n'avez jamais tenté cette destination, c'est vraiment un must. Je vous mets en lien le prestataire qui proposait ce voyage, si ça vous intéresse ! Je vous laisse le lien vers le site spécialiste de l'organisation du voyage en Estonie.

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21 mars 2018

Réparations pour les victimes en Colombie

L’année dernière en Colombie, le cinquième point de l’accord de paix a mis en place un « système de justice, de vérité, de réparation et de non-répétition », comprenant une juridiction spéciale pour la paix et des mécanismes judiciaires tels qu’une unité d’enquête et de démantèlement des organisations criminelles ayant succédé aux organisations paramilitaires. Le point 5 énonçait également les dispositions concernant les réparations pour les victimes du conflit armé. Dans ce contexte, les victimes du conflit réclamaient que soient garantis aux indigènes, aux Afro-Colombiens et aux membres des communautés paysannes l’accès à la justice, le droit à la vérité et à des réparations et, tout particulièrement, le droit à la non-répétition des violations des droits humains telles que le déplacement forcé et les violences sexuelles. Ces garanties n’avaient toujours pas été mises en place, et la pérennité de l’accord de paix risquait d’être compromise si les auteurs de crimes de droit international, notamment de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de violations des droits humains, n’étaient pas déférés à la justice. En avril, l’Acte législatif no 1 de 2017 a été adopté pour veiller à ce que le Congrès vote une loi de mise en oeuvre du point 5 de l’accord de paix. Ce texte prévoyait notamment un traitement distinct – et privilégié – des agents de l’État, au détriment des droits des victimes de crimes perpétrés par l’État dans le cadre du conflit armé. Il établissait aussi la possibilité pour l’État de ne pas procéder à des poursuites pénales dans certains cas. Cette disposition, dont les modalités de mise en oeuvre n’apparaissaient toutefois pas clairement, est potentiellement contraire à l’obligation incombant à l’État d’enquêter sur les violations graves des droits humains, d’engager des poursuites contre les auteurs présumés de ces faits et de sanctionner les coupables, ce qui porterait atteinte au droit des victimes à la vérité et à des réparations complètes. Le 27 novembre, le Congrès a approuvé la mise en place de la Juridiction spéciale pour la paix.

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24 janvier 2018

Aéroport de Nantes : et maintenant ?

Après l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, de nombreuses questions sur la desserte aérienne du Grand Ouest restent sans réponse.

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10 janvier 2018

20 minutes dans une F1

Jeudi dernier, à Magny-Cours. Légèrement fébrile, j'enfile la combinaison, mes chaussures, mes gants avant de mettre sous le bras le casque intégral. Je suis prêt à tailler la route. Je regagne le paddock pour débuter cette après-midi délirante. Pensez donc : je vais piloter une F1. Le stage commence par un petit échauffement avec de la conduite sur FR, une monoplace de 200 chevaux. Une manière de se familiariser progressivement. Une fois présentées les consignes de sécurité, il est temps de rejoindre le véhicule : une mini F1 qui monte dans les 220 km/h et présente une belle souplesse dans les virages. Les impressions en Formule Renault sont déjà épatantes quand on aime la conduite à grande vitesse. Bien installé, on ne sent pas franchement sa puissance. Mais on comprend qu'on est dans un bolide lorsqu'on est dans les virages : il faut avoir de la poigne pour bien maîtriser le volant. Après ce premier shoot d'adrénaline, il est temps de découvrir la grande soeur. Je vais vite découvrir que la F1 a autant à voir avec la FR qu'un jus de raisin et un Dom Pérignon. Le briefing est cette fois un peu plus minutieux. On m'explique que l’accélérateur est particulièrement sensible comparé à la FR puisqu'on a 4 fois plus de puissance sous le pied droit. Inversement, le frein est dur à actionner : il faut exercer une pression de presque 80 kg sur la pédale (alors qu’il ne faut que 20 kg pour une Formule Renault) ! Vous pouvez imaginer ce que doivent faire les pilotes pendant une course ! C'est enfin le moment d'embarquer. Une fois harnaché, je démarre la bête (secondé par un mécanicien). Je donne un petit coup de gaz pour faire partir le surplus d’essence dans la tuyauterie, puis je lève doucement le pied de la pédale de débrayage. La F1 part. Je dépasse les stands et enclenche à fond la pédale d’accélération. Je pourrais tout aussi bien être dans une fusée ! Je me retrouve littéralement plaqué contre le siège. Je me rends vitet compte que la direction est très difficile parce qu'elle ne possède pas l’assistance de la Formule Renault. Je sors des quelques chicanes, me retrouve face à la première ligne droite. Je presse le champignon. Le moteur rugit mais je reste ultra concentré. Quel plaisir à sentir la puissance de l'engin ! Il faut déjà appuyer sur les freins : il ne s'agirait pas de quitter la piste. Le bonheur qu'il y a à conduir eun tel véhicule est considérable. Néanmoins, les trois tours de piste passent très rapidement et il faut déjà remettre ce bijou aux mécaniciens. Courbatu, je descends du bolide. Je comprends maintenant pourquoi on parle de sport automobile ! Pour en savoir davantage, je vous renvoi à la lecture du site sur cette expérience de baptême en formule 1.

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04 janvier 2018

Le diable est dans les détails

Le diable est dans les détails, dit-on. Et c'est pourquoi, lorsqu'on nous vend quelque chose, il est essentiel de regarder de plus près avant d'accepter. J'ai acheté un appartement, tout récemment. Il me semblait fabuleux au premier abord, mais une fois que j'y ai emménagé, je me suis vite rendu compte que c'était une passoire thermique. Et le rêve est devenu cauchemar.

Cette nécessité de regarder les détails ne s'applique pas qu'au niveau individuel. Lorsque nos élus, les industriels ou Wall Street nous vendent quelque chose, il est important de lire les petites lignes du contrat avant de signer. Si nous avions été plus regardants, notre monde n'en serait sans doute pas là où il est aujourd'hui. D'où l'idée de ce blog. Pour regarder les petites lignes. Voire même les lignes entre les petites lignes. Parce que c'est dans ces écritures en pattes de mouche que réside ce qui fera la différence entre un avenir heureux et un cauchemar préprogrammé. Et quoi de mieux qu'un oeil de mouche pour lire des pattes de mouche ?

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