Comme l’avait montré Schumpeter, dès le début du 20e siècle, l’innovation est porteuse d’une dynamique de concurrence : elle favorise les nouveaux entrants, remet en cause les positions établies, fait disparaître les entreprises les moins performantes et oblige tous les acteurs à s’adapter à la nouvelle donne technologique. De nombreux autres secteurs, tant dans l’industrie que dans les services, ont été bouleversés par des innovations, en particulier Internet, qui ont généré l’apparition de nouveaux concurrents. Autre vecteur de concurrence : Internet lui-même. En effet, le réseau transforme la relation entre les vendeurs et les consommateurs en donnant à ceux-ci un pouvoir qu’ils n’avaient pas au temps de l’économie industrielle. Aujourd’hui, grâce à Internet, aux différents sites de comparaison de prix et autres plates-formes de marchés, les particuliers comme les professionnels ont accès, pour un même produit ou un même service, à une gamme d’offres beaucoup plus large et dont ils peuvent très rapidement comparer les prix et les différentes caractéristiques. Le paradoxe est que, dans le même temps où le passage à une économie fondée sur l’immatériel et sur l’innovation tend à stimuler la concurrence entre les acteurs économiques, ces mêmes forces poussent également les entreprises à chercher des collaborations et des alliances et à développer des projets communs20. Ainsi, près de trois entreprises industrielles sur quatre ont au moins une relation de coopération avec une autre firme et ces collaborations concernent des secteurs industriels (pharmacie, composants électriques et électroniques) mais aussi les services (par exemple les alliances dans le transport aérien). Ces modes de collaboration sont très variés et peuvent aller de la sous-traitance traditionnelle à la mise en commun de moyens pour la R&D en passant par des contrats exclusifs de distribution…